Vae victis !

Qui veut la peau de Nicolas Sarkozy? Quelles forces obscures sont déchaînées contre lui? Qui tente de réduire au silence le vaincu de 2012, en l’humiliant? Est-il réellement la “cible de tous les pouvoirs” comme l’affirme sans nuance son ami Brice Hortefeux? Face aux plaintes de ses zélotes qui, tel Claude Guéant évoquent un acharnement sans précédent, on a l’embarras du choix. Car il est vrai que ceux qui peuvent penser avoir une raison de lui en vouloir sont cohorte. Il y a d’abord les adversaires politiques directs. Le Front National, qui est persuadé que son heure a sonné. Les Le Pen n’ont pas oublié la façon dont Sarkozy les avait plumés en 2007. Même si Marine Le Pen affirme qu’un retour de Sarkozy ne va pas “modifier son plan de vol”, elle sait que son fol espoir de devenir premier opposant à la gauche pourrait bien se crasher en cas de rebond de l’homme au Karcher. La poursuite de la guerre des chefs en cours à l’UMP lui serait on s’en doute beaucoup plus profitable . Le Parti socialiste et ses alliés de gauche ont eux aussi toutes les raisons de préférer un ex-président à la retraite, qu’un neo-candidat renaissant de ses cendres. La gourmandise avec laquelle Harlem Désir commentait ces derniers jours la décision du Conseil Constitutionnel, se découvrant un sens de l’humour qu’on ne lui connaissait pas, pour fustiger l’ex-président ruinant les comptes de l’UMP après ceux de la France, était d’ailleurs assez indécente. Certes la loi est la loi, et il est normal que toute transgression, fut-elle de 2%, soit sanctionnée. Mais personne ne devrait se réjouir de voir un grand parti comme l’UMP privé des moyens de tenir sa place dans le débat démocratique. Mais, parmi les hommes politiques qui ont des raisons de se réjouir de sa chute, il y a aussi des amis ou alliés d’hier. Et d’abord au sein même de l’UMP. En premier lieu François Fillon, pas loin de figurer au rang d’ennemi numéro 1 de Nicolas Sarkozy, depuis qu’il s’est démarqué au point de se dire prêt à affronter son ancien mentor dans des primaires. Mais pas que lui. Depuis quelques jours, avec la bienveillance des instituts de sondage, Alain Juppé, semblait amorcer un retour au premier plan, comme potentiel candidat de la droite en 2017. On a remarqué depuis deux jours qu’il était le seul leader de l’UMP à ne pas critiquer la décision du Conseil Constitutionnel. Semblant même se ternir à l’écart de la mobilisation de l’UMP autour de son leader historique. Même Jean-François Copé, qui a tout de suite pris la tête de la croisade aux côtés de l’ex-président, ne serait sans doute pas si ravi de voir celui-ci l’obliger à passer son tour une fois de plus. Et ne parlons pas des centristes qui eux-aussi ont subi son outrancière domination durant un quinquennat. Voilà pour l’échiquier politique toujours placé on le voit sous le signe du TSS (Tout sauf Sarkozy). Mais l’ex-président a bien d’autres ennemis. Au terme d’un mandat dominé par une parole présidentielle particulièrement clivante, un certain nombre de catégories de la société française peuvent estimer à tort ou à raison, qu’elles ont été maltraitées par lui. Et au premier rang de celles-ci figurent les magistrats en général, dont l’ex-président ou ses proches dénonçaient régulièrement le laxisme, et les juges d’instruction en particulier dont le logiciel présidentiel avait prévu la disparition. Ils sont toujours là, et instruisent des dossiers, dont certains concernent directement ou indirectement Nicolas Sarkozy. Dans le meilleur des cas, il peut attendre d’eux l’impartialité, en tout cas aucune indulgence. Tout cela crée effectivement un climat qui peut évoquer la chasse au Sarkozy dont se plaignent ses proches. Il parait que l’ancien président n’est jamais si combatif que quand il est acculé… Son retour annoncé dans l’arène promet donc d’être animé.

 

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