Lueur d’espoir en Centrafrique

Et si cela marchait? Et si, contre tous les pronostics, l’intervention française en Centrafrique était couronnée de succès. Il est trop tôt pour dire que la France a réussi a remettre un peu d’ordre dans une situation qui reste pour une bonne part hors de contrôle. Mais des signaux positifs sont venus ces derniers jours conforter la position française.

D’abord la désignation de la très consensuelle Catherine Samba Panza comme présidente intérimaire de Centrafrique. L’arrivée de cette femme à la tête d’un pays où les hommes se battent avec une cruauté sans limites depuis des semaines, tuant au passage femmes et enfants, au nom d’une rivalité religieuse exacerbée par une décomposition avancée de l’Etat, est une raison d’espérer. Ses appels à la réconciliation semblent bien reçus par les protagonistes. Bien sûr elle n’est pas au bout de ses peines, et le rétablissement de la sécurité sera long et difficile. Mais pour la première fois depuis l’intervention française, le 5 décembre dernier, une lueur d’espoir brille à Bangui. Et cette bonne nouvelle n’arrive pas seule. Les Européens réunis lundi à Bruxelles ont décidé d’envoyer des troupes sur le terrain pour appuyer les forces françaises, et de collecter rapidement des fonds pour éviter l’aggravation de la crise humanitaire. Là encore ce n’était pas gagné d’avance. On avait jusqu’ici compris que la France était isolée, que nos partenaires ne voulaient pas entendre parler de l’opération Sangaris. Officiellement parce que Hollande ne les avait pas consultés avant d’agir. En réalité sans doute parce que tout le monde était convaincu que l’intervention française était vouée à l’échec et à l’enlisement.

Les deux faits sont évidemment liés. C’est parce qu’ils ont vu l’esquisse de l’ébauche d’une solution politique en Centrafrique, que nos partenaires ont changé d’avis. Parce que soudain ils pouvaient envisager un succès de l’opération, qu’ils ont finalement souhaité en être. Sans doute aussi parce que le nouveau ministre des affaires étrangères allemand, un social-démocrate, est plus proche de la France d’Hollande que ne l’était son prédécesseur conservateur.

Il reste à savoir quelles conséquences pourrait avoir un succès de l’opération centrafricaine. Grisées par leur succès au Mali, les autorités françaises entreprennent d’ores et déjà de redéployer leur présence militaire sur l’ensemble de la bande sahélienne. Dans un but: empêcher les djihadistes de se réinstaller dans le désert et de déstabiliser les pays de la région. On voit bien le risque, celui de se poser en gendarme de l’Afrique, et de ranimer le spectre de la Françafrique de papa. Mais après tout, c’est Kadhafi qui contrôlait cette zone dans le passé, supervisant trafiquants, combattants touaregs, et djihadistes. En prenant la relève, la France assure d’une certaine manière le service après-vente de son intervention en Libye. Avec en vue sans doute un bénéfice potentiel: être en position forte pour profiter de la croissance rapide de pays qui un jour ou l’autre devraient passer du statut de pays en développement à celui d’économies émergentes.

 

 

1 réflexion sur « Lueur d’espoir en Centrafrique »

  1. Il faut que cela marche ! Elle est juriste, chrétienne mais parle arabe et juriste. Et c’est une femme de 59 ans. Tous les éléments sont présents pour calmer les passions et les ressentiments. Il faut que cela marche et que ces pays sortent du sous-développement. Les débats en Tunisie, dans des conditions difficiles – 19 partis au Parlement – avancent lentement mais les vraies questions y sont débattues ; en particulier les rapports entre la religion et l’Islam. C’est bon signe !

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