Le fracas et la fureur…

Bon. La claque est là, pour le PS, comme prévu. Une “raclée”, même, comme l’avait fortement réclamé pendant sa campagne Jean-Luc Mélenchon, le leader du parti de gauche, qui renchérit aujourd’hui en parlant d’une “double raclée”! Une façon de dire qu’il a lui même doublement gagné? Car Mélenchon voit dans les résultats du week-end toutes les raisons d’espérer. Ses listes ont en réalité fait un meilleur résultat… que celles du Front National, conclue-t-il d’un calcul savant. Hélas, les médias, toujours malveillants à son égard, refusent de dire la vérité.

Bien sûr, côté malveillance les champions sont toujours au PS. Et à Paris en particulier. Anne Hidalgo aurait mal reçu le Parti de Gauche, “dans un placard à balais”, nous dit Mélenchon, qui promet déjà que le peuple saura venger cet affront… au second tour. Bref, Jean Luc Mélenchon semble espérer maintenant une troisième raclée pour le PS, qui n’a pas su lui dérouler le tapis rouge. En fait cette colère du leader du Parti de Gauche cache mal la désillusion du champion “du bruit et de la fureur”. Pour l’instant sa tactique de terre brûlée -tirer à boulets rouges à longueur de temps sur le PS, pour appeler ensuite à un désistement républicain en se pinçant le nez- porte peu de fruits électoraux. Mais il est vrai que l’élection municipale est toujours peu favorables aux minorités, et qu’il peut espérer se refaire aux européennes, tout comme Marine Le Pen peut espérer y accentuer son avantage.

Pour l’instant, l’évènement du scrutin, il faut bien sûr le chercher du côté de Henin-Beaumont, où Steeve Briois a été élu dès le premier tour, et donc est majoritaire dans l’électorat. Un endroit où Mélenchon avait fait aussi parler “le bruit et la fureur” lors de législatives, en défiant sans succès Marine Le Pen, avant de partir rouler sa bosse ailleurs. Et au final c’est le tumulte et le fracas de l’extrême droite qui retentissent.

Ce n’est pas vraiment une surprise, c’est plutôt une confirmation. A trop se focaliser sur Marine Le Pen, à en faire l’alpha et l’oméga de la politique française, à la façon du PS et du gouvernement, à lui offrir tant et tant de tribunes où exprimer ses obsessions dans les médias, à la désigner en permanence comme l’ennemi public numéro 1, à la défier publiquement à la façon de Mélenchon -Tapie avait fait exactement la même chose avec le père- pour attirer les caméras… A reprendre ses marottes, l’air de rien, tout en prétendant s’en démarquer, à la façon des Coppé, Fillon ou Sarkozy… Tous ont fini par déculpabiliser les discours d’exclusion, par légitimer le rejet des autres, en laissant penser qu’il pourrait s’y nicher une alternative à la politique actuelle, menée par le gouvernement, et rejetée pour l’heure par une majorité de l’électorat. En appelant aujourd’hui au “Front Républicain” contre le FN, nous allons remettre une pièce dans le bastringue… Et continuer à faire tout comme avant, le gouvernement comme l’opposition, ou les médias. Et la raclée d’hier restera alors comme un simple avant-goût de la tragédie qui nous menace dans quelques mois, lorsque nous devrons peut-être admettre qu’une majorité, relative, de Français ne veut plus croire en cette Europe qui devait être notre nouvelle frontière.

2 réflexions sur « Le fracas et la fureur… »

  1. Le Havre : 53% d’abstention et 3 listes de “Gauche” ! Le degré Zéro de la citoyenneté !
    Mélenchon, Batho : Vox clamantis in deserto !
    Pascal Lamy ?

  2. Peut être qu’il faut en passer par là pour que l’Europe se réforme en profondeur et cesse d’être une super administration dont les représentants et les employés sont les privilégiés d’une zone qui plonge peu à peu ses ressortissants dans la misère en égalisant les situations vers le bas.

    Combien de temps les politiques de tous les pays tiendront ils le raisonnement d’une recherche du retour d’une croissance qui ne reviendra pas dans sa zone?

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