Comme toujours, le pire!

Comme d’habitude, Netanyahu a choisi la politique du pire. Et le résultat est sans surprise. Celui qui se vantait dans une vidéo volée, et largement diffusée, de savoir manipuler les Américains, est une nouvelle fois parvenu à ses fins: il a fait échouer une initiative de paix américaine au Proche-Orient, sans que l’administration US lui en tienne rigueur pour autant. Comme toujours, Washington a renvoyé dos à dos les deux protagonistes, feignant d’ignorer une fois de plus la dissymétrie des positions. Qu’est-ce qui était en jeu dans cette négociation? D’une part une banalisation de la colonisation dont Israël refuse que son gel soit un préalable à la négociation de paix, alors même qu’elle mine la possibilité de voir un jour naître un état palestinien. Deuxio, une reconnaissance par les Palestiniens d’Israël comme “état juif”, c’est à dire la validation par eux du fait que les israéliens arabes, 20% actuellement de la population d’Israël, soient des sous-citoyens dans leur pays. Tertio, l’acceptation par les Palestiniens du maintien de troupes israéliennes dans la vallée du Jourdain, c’est à dire au cœur de leur hypothétique futur état. Il n’y avait que le secrétaire d’Etat américain John Kerry pour croire à un dénouement heureux sur de telles bases de négociation.

Mahmoud Abbas et ses représentants ont pourtant accepté d’aller à la table de discussions, pour ne pas fâcher les Etats-Unis, et démontrer leur bonne foi. Les négociations ont duré neuf mois. Pendant lesquels Israël, faisant fi des condamnations internationales, a accéléré le processus de colonisation: en 2013 la construction de logements dans les territoires occupés a doublé par rapport à 2012! Et c’est finalement le refus du gouvernement de Jérusalem de libérer comme prévu, le mois dernier, une dernière vague de prisonniers palestiniens qui a entériné la rupture entre les deux camps.

Depuis, l’Autorité palestinienne a menacé de se tourner vers les organisations internationales pour faire condamner Israël, comme son statut d’état observateur de l’ONU l’autorise, puis de s’auto-dissoudre pour laisser les Israéliens face à leurs responsabilités… Avant finalement de relancer le processus de rapprochement avec les islamistes du Hamas.

C’est là le premier résultat de la stratégie choisie par Benyamin Netanyahu: les Palestiniens sont peut-être en train de refaire leur unité après des années de guerre fratricide. Bien sûr, il faudra encore attendre pour le vérifier, ce n’est pas la première fois que les deux parties tentent d’enterrer leurs différends. Mais d’ores et déjà, la politique du pire conduit effectivement au pire: un rapprochement entre une autorité palestinienne affaiblie, humiliée, ridiculisée, par l’intransigeance israélienne, et un Hamas qui n’a jamais voulu du processus de paix. Ce ne sont évidemment pas les plus pacifiques qui en sortiront renforcés.

Qui va payer la note de cette intransigeance du gouvernement de Netanyahu? Les populations palestiniennes d’abord, qui ont déjà subi de premiers bombardements sanctions à la suite de l’accord entre Fatah et Hamas. Barack Obama, qui aura décidément usurpé le Nobel de la Paix qui lui fut attribué au début de son premier mandat. Et les Israéliens bien sûr, qui une fois de plus voient s’éloigner la perspective d’une vie en paix, aspiration légitime de tout peuple. Condamnés à vivre dans l’insécurité et l’état de guerre permanent par des dirigeants qui refusent de voir qu’il est un moment où il faut savoir s’effacer devant l’Histoire, et admettre qu’on ne peut pas, seul, avoir raison contre tous. Que la politique du pire ne peut mener… qu’au pire.

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