Europe: triste sommet !

Ce soir et demain à Bruxelles où se réunissent les chefs d’Etat de l’Union européenne on risque d’atteindre effectivement un “sommet”. Mais un sommet pas vraiment glorieux pour l’Europe, un genre de sommet du vide. Qu’on en juge! Premier sujet au menu: la crise grecque. Bonne nouvelle? Une sortie politique en vue? Non, pas vraiment. Le sujet est à l’ordre du jour, mais il n’y aura pas de négociation, ni même de discussion, si l’on a bien compris. C’est Angela Merkel qui l’a annoncé elle-même dans l’après-midi de ce jeudi: “les chefs d’Etat ne se mêleront pas des négociations…”, c’est l’affaire des créanciers de la Grèce et des ministres des finances. Evident, non? Les chefs d’Etat européens ne vont tout de même pas s’occuper eux-mêmes du sauvetage d’un membre de l’Union au bord du gouffre… On laissera donc les créanciers, c’est à dire principalement le FMI, décider d’une éventuelle faillite de la Grèce…

Bon, alors, ils vont s’occuper de quoi? Des migrants, c’est le second sujet à l’ordre du jour. Mais là non plus pas grand chose à attendre. La commission a fait une proposition de répartition équitable, et forcée, des migrants entre les différents pays européens. Mais l’idée a été recalée d’avance par les chefs d’Etat à la quasi-unanimité. La prise en charge de ces dizaines de milliers de personnes chassées de leurs pays par la guerre ou le terrorisme, et qui viennent chercher un refuge en Europe au risque de leur vie, ne concerne pas vraiment non plus apparemment les chefs d’Etat européens, tous persuadés qu’ils en font déjà bien assez. Le conseil pourrait se borner à dégager des fonds pour les pays de provenance des migrants afin qu’ils les empêchent de prendre la mer, et renforcer les patrouilles en Méditerranée.

Le troisième sujet va-t-il les passionner plus? Là il ne s’agit plus de se laver les mains d’une éventuelle faillite de la Grèce sous la pression du FMI, et de sa sortie de l’euro (le Grexit), et donc sans doute de l’Union, mais de tenter d’empêcher les britanniques de quitter l’Europe (le Brexit). Le premier ministre britannique, David Cameron, qui a promis un référendum sur le sujet à ses électeurs, arrive avec sa liste de doléances, et un chantage à peine déguisé. Si l’on fait trop d’Europe, il appellera son peuple à voter pour un retrait de l’Union. Il demande une révision des traités, pour freiner l’intégration. Là encore, les chefs d’Etat ne sont pas pressés de se prononcer. Le sommet pourrait déboucher sur l’adoption d’une méthode de discussion pour définir l’étendue de ce qui pourra être discuté ensuite, pour détricoter un peu l’Union, et la rendre plus acceptable aux Anglais… Pas de quoi là non plus enthousiasmer grand monde.

Grexit, Brexit, migrants… aucune urgence ne paraît de nature à secouer les dirigeants européens de leur torpeur, clairement plus préoccupés par la situation intérieure dans leurs pays respectifs, que par la nécessité de relancer la dynamique de l’Union européenne. Comme si eux-mêmes n’avaient plus vraiment envie d’Europe. Et tant pis si jour après jour, de renoncement en peur du coup de froid, ils apportent méthodiquement des arguments aux partis populistes dont la progression les paralyse. Triste sommet!

 

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