Quand Ecologie et Politique ne font pas bon ménage…

C’aurait pu être leur apothéose! Jamais la configuration politique n’avait été aussi favorable pour eux. Ils avaient accompagné la marche victorieuse d’un président de gauche. Leur alliance avec le PS leur avait permis d’envoyer 17 députés à l’assemblée, de constituer pour la première fois un groupe parlementaire, et de compter deux ministres dans le gouvernement Ayrault. A l’arrivée de Valls à l’Elysée, au printemps 2014, celui-ci leur avait même proposé un grand ministère de l’écologie. L’occasion sans précédent de mettre enfin leurs idées en pratique, au niveau national. De conduire la politique environnementale du pays à la veille d’une échéance de première importante pour la France, et la planète, la conférence internationale de Paris, susceptible de déboucher, en principe, à la fin de cette année sur un accord mondial pour la lutte contre la dégradation climatique! La conjonction planétaire était idéale, qui devait leur permettre de se positionner dans l’électorat avant les échéances de 2017, en sortant délibérément de la politique de témoignage pour entrer dans l’action publique d’envergure, au niveau national et international.

Mais entrer dans l’action publique, c’est se frotter aux réalités. Aux contradictions aussi. D’autres en font actuellement la douloureuse expérience. Syriza en Grèce, ou Podemos aux commandes de Barcelone. Pour changer le monde, il faut bien commencer par le prendre comme il est! Pour faire évoluer la France dans le sens qu’ils souhaitaient, il fallait accepter des concessions, des renoncements, des périodes de transition, mais aussi des blessures d’égo. Tout cela était trop douloureux pour la plupart d’entre eux. Alors les écolos, dans la foulée de Cecile Duflot, sont retournés dans leur squat. Un bout de terrain politique, aux confins de l’extrême gauche, où il fait bon condamner tout ce qui bouge, en promettant un grand soir auquel on ne croit plus depuis longtemps. Ils y ont trouvé un allié de choix en la personne de Jean-Luc Mélenchon, en quête lui-même d’un conglomérat politique lui permettant de continuer à nourrir ses fantasmes de soulèvement populaire électoral.

Probablement tout cela ne conduit le mouvement écologiste nulle-part. Ou plutôt si: à une nouvelle crise, voire à une implosion. Qui pourrait éloigner un peu plus encore les Verts de leurs ambitions. Et démontrer, à l’exact inverse de leur crédo, que l’écologie et la politique font décidément mauvais ménage.

 

 

3 réflexions sur « Quand Ecologie et Politique ne font pas bon ménage… »

  1. Une bonne nouvelle tout de même : l’ensemble de la population française semble adopter des comportements “écologiques” à gauche comme à droite ! Et les voir se fossiliser et rejoindre Mélenchavez pour lui savonner la planche ne peut que réjouir les partis de gouvernement prêts à assumer des responsabilités ! Voir article de Eric Dupin dans le monde Diplomatique
    https://www.monde-diplomatique.fr/2015/04/DUPIN/52853

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