De la polémique à la sédition…

D’accord, c’est lamentable, mais il parait que c’est la vie politique! Il serait de bonne guerre, sinon de bon goût, d’attaquer systématiquement l’adversaire, y compris de mauvaise foi, même après un drame national tel que celui que nous avons vécu à Nice. Il serait logique à quelques mois de la primaire que les candidats au leadership de la droite tentent de se démarquer les uns des autres par la surenchère sécuritaire, et la critique à boulets rouges de l’action du gouvernement et de sa police. Il serait compréhensible qu’on tente d’exploiter l’assassinat sauvage de 84 personnes pour tenter d’en tirer un bénéfice politique… Chacun jugera!

Mais avec l’affaire des destructions de vidéos, Christian Estrosi vient de franchir un rubicon qui aurait dû demeurer infranchissable. En refusant de se plier à une demande de la justice formulée dans l’intérêt des victimes et de leurs proches, il démontre certes le peu de cas qu’il fait de la souffrance des intéressés, mais aussi affiche une position de rébellion et de défiance inédite. Si l’on comprend bien, il soupçonne la justice, qui dispose de l’intégralité des vidéos en question, de vouloir faire détruire des preuves par la mairie afin de pouvoir ensuite falsifier la réalité. Il se pose en rempart face aux juges qui seraient, doit-on en conclure, à la solde du pouvoir socialiste, prêts à trahir la vérité, le droit et la justice, au seul bénéfice du gouvernement. C’est évidemment gravissime. C’est tout simplement une posture de sédition, peu compatible avec l’exercice de responsabilités au sein de la République. La même posture de rupture que celle du maire de Chalon sur Saône qui refuse d’accueillir la ministre de la Culture dans sa ville…

Il y a quelques mois lorsque tout le monde faisait mine de découvrir la menace du Front National au lendemain des élections régionales, que le parti socialiste appelait à voter Estrosi en PACA pour lui faire obstacle, chacun promettait que l’on ne ferait plus jamais de la politique comme avant. C’est exact, ce n’est pas comme avant, c’est bien pire!

Quand on songe que la bataille électorale, pour la primaire, puis pour la présidentielle, ne fait que commencer, et durera près d’un an, on peut légitimement s’inquiéter du devenir d’un consensus républicain déjà réduit au plus petit dénominateur commun.

3 réflexions sur « De la polémique à la sédition… »

  1. Le maire de Nice n’honore ni les nicois ni la Republique dont il se dit membre. “La fin justifie les moyens” n’est il pas passible des tribunaux pour refus d’obtemperer à la justice

  2. C’est vrai, ce sont de bien curieuses manières…
    Mais des mauvaises manières il en existe à bien des niveaux. Par exemple comment expliquer que des scellés disparaissent dans certaines affaires judiciaires. Depuis l’affaire du décès de Robert Boulin, j’ai quelques difficultés à faire confiance aveuglément, à qui que ce soit.
    Finalement rien n’est simple…

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