Sombre semaine…

Il est des semaines, comme celle qui vient de s’écouler, où l’on cherche désespérément un coin de ciel bleu, une bouffée d’oxygène, un brin d’espérance!

Ca avait commencé par un droit de veto à l’ONU. Celui de la Russie contre la résolution française demandant un cessez-le-feu à Alep, pour permettre au organisations humanitaires de sauver quelques enfants des bombardements aveugles d’Assad et de son ami et protecteur Poutine. Et comme s’il ne suffisait pas de voir en boucle les images atroces de ces civils martyrisés, il fallait en plus supporter Mélenchon parlant, avec le ton méprisant qu’il maîtrise si bien, de “bavardages” à propos de l’évocation de crimes de guerre en Syrie. Celui-ci a décidément définitivement basculé de l’autre côté du décor. Dans un sombre univers, ou le calcul politique et la tactique électorale, l’emportent sur toute autre considération.

Puis il y a eu le débat pour la primaire de la droite. Et il a fallu pendant de longues minutes assister à la bataille de chiffres entre sept postulants à la direction du pays, se renvoyant à qui peut mieux, leurs projets d’austérité. Moi j’élimine 300 000 fontionnaires disait l’un, tandis que l’autre en promettait 600 000. Ici on comptait les emplois aidés dans le total… là on retranchait en revanche l’embauche de 50 000 fonctionnaires de police gendarmerie et justice… Un point sur lequel ils étaient tous d’accord: il suffit de faire travailler ceux qui restent plus longtemps pour maintenir un niveau suffisant de service public… Affligeant! Comme le projet de suppression de l’aide médicale d’Etat, ou la volonté affichée, quoique irréalisable, d’enfermer les suspects de radicalisation… Aussi affligeant que l’échange polémique sur le point de savoir s’il était plus grave d’être mis en examen, comme l’un, ou alors d’avoir été condamné pour “prise illégale d’intérêts”, comme l’autre… C’est ainsi que l’on se prépare à la direction du pays dans le camp à qui les sondages promettent depuis de longs mois déjà la prochaine présidence de la République! A croire que le meilleur projet pour la France doit être celui qui élimine le maximum de fonctionnaires, diminue le plus les charges des entreprises et les impôts des classes moyennes, tout en démantelant l’Etat de droit.

La fin de semaine était placée sous le signe de la défense de la famille. Avec le retour dans les rues de La Manif Pour Tous, dénonçant pêle-mêle, les lois déjà en vigueur -le mariage pour tous- celles, hypothétiques, qui hantent leurs cauchemars -à propos de gestation pour autrui par exemple- ou encore les manœuvres éhontées de l’Education nationale de Najat Vallaud-Belkacem qui tente de transformer nos garçons en filles… Une manif d’arrière-garde, soutenue par une partie de la droite, et en particulier par le candidat à la présidentielle, François Fillon, qui semblait regretter de ne pas avoir pu participer à cette manifestation publique d’obscurantisme.

Et pour finir dans la lumière on apprenait la nuit dernière qu’un imbécile avait incendié le centre d’accueil des sans-abris dont l’ouverture prochaine est prévue dans le 16ème arrondissement. Comme un écho au refus des migrants du maire de Béziers le ténébreux Robert Ménard et sa campagne “Ca y est ils arrivent…” A Paris comme à Béziers le message est le même: on veut rester entre nous! Et le scandaleux maire de Béziers continue à être l’invité des plateaux de télévision où il avait pu la semaine précédente vomir toute sa haine des autres face au candidat Nicolas Sarkozy.

Et pendant ce temps là… Pendant ce temps là, le vrai président, lui… bavarde avec les journalistes! Et leur dit n’importe quoi, ou du moins tout ce qui lui passe par la tête. C’est bien d’être un président normal, mais cela n’oblige pas à se conduire comme un imbécile. Et à se mettre en situation, comme président de la République, de présenter ses excuses à des magistrats qu’on a injuriés dans une “confidence”… et qui par ailleurs reconnaissent que la séparation des pouvoirs n’a jamais été aussi scrupuleusement respectée. Cela s’appelle tirer contre son propre camp! Même les footballeurs, à qui Hollande suggère dans le même recueil de confidences de “muscler leur cerveau”, ne le font pas volontairement.

Comment expliquer cette pulsion auto-destructrice du président? Les 600 pages de confidences, résultat de 60 rencontres avec les auteurs depuis le début de son mandat -excusez du peu- ont été publiées le jour même où il tentait de lancer la campagne pour son renouvellement, avec une grande interview au Nouvel Observateur sous le titre: “je suis prêt”! Autant dire que sa déclaration politique est passée totalement inaperçue éclipsée par les petites phrases assassines dont les médias sont si friands. Au point que ses plus proches ne se demandent pas aujourd’hui s’il est “prêt”, mais s’il a vraiment l’intention d’y aller.

C’est la confirmation douloureuse de la semaine: qu’on le détienne ou qu’on le brigue, le pouvoir nuit au discernement!

 

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