Coronacircus

Les jours se suivent et se ressemblent, dans nos lieux de confinement, mais aussi dans les (plus ou moins) petits écrans, qui nous servent de fenêtres sur la réalité. Ce soir, c’est pénurie de masque en ouverture du JT, puis “y aura-t-il suffisamment de tests?”, les inévitables chiffres des décès pour enchaîner, puis l’interview d’un professeur des écoles, qui estime qu’il est beaucoup trop tôt pour faire rentrer les élèves, et qu’on ne pourra jamais assurer les gestes barrières, et qu’on a pas de masques, et qu’on est en danger, et donc qu’il pourrait exercer son droit de retrait… Un maire de commune rurale qui ne sait pas comment faire pour espacer les tables à la cantine. Un flash sur un député insoumis (à quoi?) qui exige que les masques soient gratuits pour tous puisqu’ils sont obligatoires (un peu comme les casques-moto, ou les assurances-auto, quoi…) Et on enchaîne avec un expert. Il est médecin, militant syndical ou même politique parfois, et nous explique que le déconfinement risque de ne pas marcher, qu’on pourrait avoir une deuxième vague, qu’il aurait fallu le faire plus tôt, ou plus tard, ou différemment, qu’on devrait laisser faire les médecins, que le 11 mai n’est pas une bonne date… Un dentiste, nu pour l’occasion, nous explique qu’il ne peut pas reprendre son travail parce que l’Etat ne lui a pas fourni masques et gants… (on souhaite simplement qu’il n’ait pas attendu le coronavirus pour en porter pendant ses interventions). Puis un restaurateur nous explique que puisque les enfants vont à l’école il n’y a pas de raison que les restaurants restent fermés. Un archevêque se plaint qu’on porte atteinte à la liberté de religion, tandis qu’un chroniqueur nous explique que c’est la zizanie entre Macron et Philippe, que c’est le Président lui-même qui aurait appelé un journaliste -on sait pas bien lequel- pour le lui dire, à moins que ce soit quelqu’un de son entourage… et le chroniqueur averti commence à esquisser les contours d’un futur gouvernement d’union nationale, selon ce qui se murmure dans les milieux bien informés… Aujourd’hui on a juste évité le couplet sur la chloroquine que le gouvernement refuse de distribuer à tous les malades, le bon docteur Raoult n’a plus le vent en poupe. Pour demain, il suffira de rebattre les cartes (les masques après les chiffres et avant les experts, la chronique sur “les couacs du déconfinement”, le restaurateur remplacé par un tenancier de bistrot) et le journal (l’édition spéciale) est déjà prêt. Vive le coronacircus! Et vive le journalisme! Après tout, le reste on s’en fout!

1 réflexion sur « Coronacircus »

  1. Bonjour Michel.
    Pendant ce temps là:
    – les graves incendies autour de Tchernobyl s’approchent de la centrale, et augmente les taux de radioactivité dans l’air.
    – l’évolution de la température moyenne à la surface du globe, sur terre, sur mer atteint environ +1,7° C par rapport aux normales calculées pour la période 1901-2000.
    – les exodes des populations qui fuient la guerre, famine, … passent sous silence,
    – au Nord-Kivu EBOLA persiste, comme la paludisme (380 000 décès en 2018 dans le monde (ou Afrique uniquement)),
    – sans aborder le risque de pénurie alimentaire pour les pays en fortes dépendances alimentaire, et les populations les plus fragilisées par les conséquences de cette pandémie.

    Alors la question est de savoir comment nous allons nous organiser pour limiter les tragédies à venir quelles soient sanitaire, sociale, économiques, déséquilibres internationaux.
    Et à titre personnel je constate que nos gouvernements, institutions internationales,
    média, et population ne mesure pas le tsunami qui se prépare.

    Je vous souhaite une bonne journée
    Cordialement
    RV

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